Vendredi 17 juillet 2009 5 17 /07 /Juil /2009 13:53
 

Oui il nous faut traverser la souffrance, l'indicible, la mort. L'absolu arrachement de toutes nos racines, l'anéantissement..

Il nous faut vivre avec la mort, notre mort, et surtout celle de ceux que nous aimons, qui sont notre air, notre joie, notre vie...

Qu'est-ce que la vie, sinon la vague toujours nouvelle, toujours ressemblante? Nous sommes un ajustement, une composition unique de sensations, pensées, émotions, sentiments, comme chaque vague est unique par ses éclats, son écume, sa force, sa légèreté...Nous durons juste un tout petit peu plus longtemps, une pulsation dans l'éternité.

Notre éternité n'est pas dans le temps, dans la durée, mais dans la profondeur de l'instant... Notre éternité, c'est la fulgurance d'un regard , l'infinie tendresse d'un geste, l'émerveillement d'un instant, la joie du partage profond, le rire, la splendeur sans cesse renouvelée...

Mais la souffrance paraît bien plus vive, plus intense, plus insoutenable que la radicale beauté de l'émerveillement et de l'Amour

Alors il nous faut apprendre.

Apprendre à ne pas tenir intrinsèquement à cette petite singularité de l'espace temps, qui est soi-même et qui ne dure qu' un instant. Et en même temps, apprendre à respecter, aimer, choyer comme un don cette petite particularité. Cette unicité qui est soi-même et que l'on a le devoir de porter à l'incandescence, à la quintessence de son être, pour soi, pour les autres. Car personne d'autre n'a et n'aura reçu le même partage et ne pourra lui donner vie. Et en même temps savoir que, comme la vague, ses composantes disparaîtront, puis renaîtront, toujours mêmes et toujours autres. Ce ne sera plus nous, mais quelque chose qui nous était si attaché se retrouvera en d'autres incarnations.

La mort des autres est plus difficile, plus douloureuse, puisque nous y survivons. Et que l'unicité aimée n'existe plus, s'est engloutie à jamais dans les noirs abîmes de la mort. Et qu'elle a emporté avec elle ce qui nous fondait, nous constituait, nous faisait respirer, rire, chanter; ce qui nous faisait ressentir, danser, écrire, goûter l'ineffable plume du temps sur notre peau, l'ineffable sourire de l'autre sur notre vie, l'ineffable aube de la joie pure.

Alors il faut tout réapprendre.

Le plus dur est de réapprendre à faire confiance à la vie, à s'enchanter d'un instant, écouter l'autre, entendre sa petite musique singulière et l'aimer ainsi, non pour réparer la mort, mais pour l'intense joie de connaître et approcher et aimer cette personne unique.

Qui sommes-nous, où allons-nous? Nos aspirations, nos pensées, nos émotions seront-elles recueillies, dans un grand tout, un esprit? Je voudrais croire et ne le peux, mais ne peux non plus me résoudre à ne pas croire. Théodore Monod disait: « la soif prouve l'existence de l'eau »... Alors je ne sais pas, j'espère sans espérer. Les morts que j'ai aimés sont présents en moi, et parfois je les ressens comme s'ils me voyaient, me conseillaient, me soutenaient, me comprenaient, m'attendaient Je m'attends à les retrouver, dans un au-delà qui alors serait une explosion de bonheur.. Et en même temps leur mort m'est toujours si invraisemblable, si intolérable...

La mort à venir de ceux que j'aime me terrifie. La mienne ne m'effraie pas pour moi, mais pour eux.

Comment faire avec l'absence. Comment prévenir leur souffrance?

Nous n'avons d'autre choix que d'être nous-même le plus possible, pour que notre vie singulière ait un sens, pour que nous apportions aux autres ce que personne d'autre ne pourra donner de la même façon...

Et nous réjouir de l'instant, du partage, du soleil et de la pluie, simplement ressentir et vivre authentiquement, et totalement. Accueillir aisance et souffrance, aridité et profusion, bonheur et horreur, et cultiver la joie comme on cultive son jardin, amoureusement, patiemment, avec entêtement.

Par Eleonor - Publié dans : Le noir brasier
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Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /Juin /2009 09:24

Tu m’as donné ton temps,

Ta patience, ton sourire

Comme on pose des pierres

Pour créer un chemin

 

Tu m’as donné ton temps,

Ton impatience aussi,

Comme gouttes de sang

Pour faire battre la source

 

Tu m’as donné ton temps,

Ta patience, ta confiance,

Comme on ouvre les bras

Pour accueillir le jour 

 

Tu m’as donné ton temps

Ton sourire,tes regards

Comme on fredonne un nom

Pour fleurir l’avenir

 

 

Que l’alouette du bonheur

Chante sans fin

Sans fin

Haut

Très haut,

Dans ton coeur

Par Eleonor - Publié dans : Lumière
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Dimanche 21 juin 2009 7 21 /06 /Juin /2009 13:29

Le noir brasier de la douleur

Consumait mon cœur

En volutes de gel

 

Et toi

Sans te lasser

Sans te laisser effrayer

 

Sur la suie implacable

Du désespoir

Tu as juste posé

Délicatement

Pour moi

 

Quelques perles d’aurore

Tes  sourires  de nacre

Les douces mésanges de ton cœur

Le feu caché de ton désir

 

Et j’ai tout réappris

L’attention

La lumière

L’avenir

L’Amour

Par Eleonor - Publié dans : Le vent d'aurore
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Lundi 18 mai 2009 1 18 /05 /Mai /2009 18:23

Tout partager

La peau de pêche du jour levant

Et le miracle de notre être

L’onde si fraîche des herbes courbes

Et les ruisseaux étincelants

 

Tout partager

L’enfance et ses dédales

Et puis les courses dans les prés

La sécheresse et la douleur

Comme des hurlements figés

 

Tout partager

Les sentiers noués et dénoués

Comme les veines du futur

Le temps qui passe dans un filtre

Jusqu’à la liqueur de la nuit

 

Tout partager

L’envers de feuilles et les parfums

Du feu de la terre et de l’eau

Et puis le sel du vent et l’haleine de l’ombre

Le vertige du chant

 

Tout partager

La danse impérieuse du jour

Quand la joie se distille en rosée

Dans chaque gerbe de tendresse

Dans chaque nid de l’avenir

 

Tout partager

Le ressac de la nuit et la lèvre de l’aube

Et, tout le long des jours,

Le châle austère des fougères

Et les fleurs bleues de notre amour

Par Eleonor - Publié dans : La douceur des mangues
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Dimanche 3 mai 2009 7 03 /05 /Mai /2009 09:40

Je cherche ton sourire

Sous l’aile des oiseaux

 

La douceur de ta peau

Dans le vent frémissant

 

Et l’eau troublante de tes yeux

Dans l’ombre bleue des fleurs

 

Mais plus sûrement les trouve
Tout au fond de mon coeur

Par Eleonor - Publié dans : Lumière
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Dimanche 19 avril 2009 7 19 /04 /Avr /2009 20:52

Combien de lys en mon jardin

Combien de roses et de jasmin

Davantage davantage

 

Combien d’étoiles à la nuit

Combien de perles à la pluie

Encore plus encore plus

 

Combien de douceur au sommeil

Combien de lances au soleil

Innombrables innombrables


Combien de joies à mon ivresse

Combien de sources à la tendresse

Infiniment infiniment

Dans l’ineffable jaillissement
De l’amour

Par Eleonor - Publié dans : Lumière
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Jeudi 2 avril 2009 4 02 /04 /Avr /2009 11:07

Malgré les rives et méandres

Malgré les creux de vallons sombres

Et les gouffres de roches pièges

 

La rivière poursuit jaillissante

En habit de satin fumé

Gorgée de poissons bleus et mordorés

 

Et si sur son filet mouvant

Tournoient parfois des roses de sang

Son eau est là fraîche et limpide

 

Et comme elle qui s’écoule

Vers plus d’espaces et de rires

Notre amour court ou se repose

 

Bute et s’angoisse mais repart

Puis coule et coule et coule encore

Comme un espoir adolescent

Par Eleonor - Publié dans : La douceur des mangues
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Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /Mars /2009 15:07

La première porte était si grise que longtemps je ne l’ai pas vue

Je ne pouvais la pousser que très lentement

Mais elle se refermait d’un jappement de moule

Je m’y suis appuyée de tout mon poids

Des jours entiers cet épuisant travail

Des jours des mois entiers

Des nuits des jours à n’être qu’une masse et que rage immobile

Et le plus pénible était cette envie perpétuelle de renoncer de se rouler dans l’herbe grise de respirer le feutre humide de la vie morte

Je ne me suis pas rendu compte de l’instant où je l’ai franchie mais j’oubliai le goût de cendre

 

La deuxième porte était violette et je l’ai passée en chantant

J’ai piétiné ses ailes lourdes de rapace qui n’étaient qu’en papier crépon

Et ce fut ma première danse

 

Je me suis glissée sous la troisième celle qui était convexe et que l’on ne pouvait passer sans risque extrême

Et je l’ai poignardée

Par derrière

Ses soubresauts ont duré cent nuits pleines

 

Je me suis crue sauvée

Et l’espoir délayait par endroits la nuit sous mes paupières

Et je me suis surprise à vouloir m’envoler avec mon rire

 

Mais les trois portes sont revenues

Soudées

Comme une cloche autour de moi

 

Je ne veux pas sonner le glas

Je ne veux pas sonner le glas

Sonner le glas

Sonner le glas

Le glas

 

Et je m’échapperai

Par Eleonor - Publié dans : Sous quel ciel
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Ecrire?

Quelques grains d'ombre et de lumière
Témoignages du coeur
Petits cailloux sur le chemin d'une vie
Poussière de mots dans l'éphémère

Un grand merci à mon amie Sylvie à qui j'ai emprunté cette photo





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